Le traitement des matières et des couleurs agit ici comme le témoin d’une histoire inscrite dans ses strates. Chaque couche constitue le fragment d’un souvenir recomposé. Partiellement effacées ou au contraire si marquantes qu’elles traversent les strates supérieures, ces formes superposées évoquent des événements morcelés, qui se répondent sans jamais totalement se confondre.
Les contrastes entre couleurs vives et effacées ou surfaces lisses et rugueuses font émerger une ambiguïté entre l’organique et l’artificiel, comme un élément qui aurait dévié de son état naturel sous l’effet d’une contrainte extérieure. Cette cohabitation rappelle à la fois l’instabilité des matières organiques en décomposition et les superpositions d’affiches altérées par le temps.
Loin d’être un parasite de l’image, l’altération s’impose ici comme l’élément central de l’œuvre, portant la trace d’une mémoire intime, impossible à saisir autrement.


















